« Les garçons et Guillaume, à table! »
Un pestacle (One (wo)Man Show, Théââââââtre) raconté par Alexiane
Les garçons et Guillaume, à table!, est un petit bijou théâtral, rien de moins. Et peut-être même, beaucoup plus. Sûrement d’ailleurs. Car vous le savez, Plastie & moi, on court les théâtre à la recherche de poésie, de spectacles vivants extraordinaires, et être face à de l’extraordinaire, c’est rare. Vous l’aurez compris, je recommande particulièrement ce spectacle de et avec Guillaume Gallienne de la Comédie-Française, mis en scène par Claude Mathieu de la Comédie Française, avec des costumes d’Olivier Bériot et des lumières (exceptionnelles) de Dominique Bruguière. Joué du 20 janvier au 21 février derniers, le spectacle reprend à l’Athénée Louis-Jouvet, du 26 juin au 17 juillet 2010.
« [Le premier souvenir que j’ai de ma mère, c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : ‘Les garçons et Guillaume, à table !’ et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone il y a deux jours, elle raccroche en me disant : ‘ je t’embrasse ma chérie’ ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.](propos de Guillaume Gallienne). Sociétaire de la Comédie-Française, Guillaume Gallienne trouve ici le moyen de se cacher et se dévoiler tour à tour. Dans un spectacle intime et distancié, il raconte le parcours atypique d’un garçon trop bien élevé. Situations désopilantes, galerie de portraits dessinés sans complaisance, autodérision : Les garçons et Guillaume, à table ! transforme le récit autobiographique en délicieux moment de jubilation. »
Comment commencer ? Comment être à la hauteur ? Difficile face à une prestation parfaite de bout en bout, d’une pudeur rare, alors que le sujet, soyons clair, n’est pas simple. Le sujet, c’est l’histoire de ce petit garçon qui voulait être une fille, puis que l’on a collé dans la case gay, parce que ça arrangeait tout le monde. Sa famille, ses proches, la société toute entière face à un être hors normes. Or s’éloigner de la norme, n’est-ce pas ce qui en faisait son caractère humain exceptionnel ? Vaste question. Et pas la seule du spectacle, loin de là. Mais peut-être pour commencer, faudrait-il éviter de se pencher sur le dossier de presse disponible en entrée de salle. Je bouillais intérieurement tant je le trouvais prétentieux et excluant. Toujours le même débat, mais l’ouverture au théâtre c’est d’abord donner envie à tout un chacun de passer l’entrée, et les mots visibles dans ce dossier de presse là, empreints d’un intellectualisme chiant, vont dans le sens contraire. On me dira qu’ouvrir le théâtre ce n’est pas apauvrir les mots pour le rendre plus accessible. Oui, ceratienment. seulement entre les mots du dossier de presse, et l’écriture du spectacle lui-même je n’ai vu que dissonances. Car le spectacle est accessible lui, et parle à tout un chacun. Même si peut-être que le tout un chacun n’aura pas les mots de l’ensemble de la salle qui sort ravie et qui nous colle toujours la même tirade dès qu’il s’agit de sociétaires de la Comédie Française : « Ah, il n’y a pas à dire, il n’y a que la Comeide-Française pour nous offrir de tels artistes ! ». Je suis d’accord sur le fond, mais n’y a-t-il rien d’autres à dire ?
Car dans les personnes qui m’accompagnaient pas une n’a eu les mêmes mots pour retranscrire son émotion : l’un a ri, l’autre a été subjugué par des références culturelles qui m’ont échappées (comment ça « bien sûr ? »), l’autre a pleuré un peu. Mais tout le monde était un peu retourné.
Alors voilà, de mon côté, je ne sais pas quoi dire. Je ne vaux pas mieux que les autres, vu que je n’ai pas de mots non plus. Je ne sais pas quoi dire sauf qu’il faut y aller. Que l’humilité et l’humour si empreint de finesse sont uniques en leur genre. Que le petit garçon c’est toi, c’est moi, c’est n’importe qui même si tu ne portais pas de robes quand tu étais petit garçon. Que les mots défilent, exceptionnels grâce à l’écriture si juste de Guillaume Gallienne, dans cet écrin de velours magique qu’est le Théâtre Louis Jouvet.
C’est un coup coeur, rare, alors putôt que d’aligner les superlatifs ridicules, je n’aurais qu’une phrase : allez-y. Ce théâtre là est rare. Et c’est dommage.
(D’ailleurs ne tardez pas à réserver vos places, il ne sera pas loin d’afficher complet d’ici quelques semaines).
En guise de conclusion, une vidéo, tiens :






Hola
je serais grandement tentée par les superlatifs je dois dire, j’ai ri, pleuré, ce type t’emmène dans son histoire, tu ne peux que le suivre et l’aimer encore plus ensuite…
mais ce que je retiens surtout c’est l’envie de courir le retrouver dans Fantasio de Musset et les trois soeurs de Tchekhov à la comédie française au printemps, car si Alexiane tu as su me mettre le pied à l’étrier( et je t’en remercie), j’ai drôlement envie de suivre Guillaume Gallienne pour m’initier à son art….
youhou vive Guillaume Gallienne♡♡♡….ok, je sors….
j’aime cet homme ! fin, intelligent, raffiné, il me subjugue à chaque fois…
Ta critique est à la hauteur du personnage, au delà de me donner envie tu as su m’émouvoir.
Merci
@Alexandra : Excellente initiative, moi aussi je ne manquerais Fantasio de Musset et les trois sœurs de Tchekhov à la comédie française au printemps, pour rien au monde. (J’adore tes <3) (je suis mièvre, hein ?)
@Nicolas : Merci à toi de commentaire, Nicolas. Merci ;).
En tout cas je suis ravie que le spectacle reprenne fin juin, puisque je n’avais absolument pas trouvé le temps d’y aller et qu’à la lecture de ton billet j’avais encore pluss de regrets !
Bon je suis très triste j’ai une fois de plus loupé le coche, je saoule tout le monde avec mon envie de voir cette pièce – Guillaume Gallienne à la radio, c’est juste extraordinaire – et je me réveille trop tard et les places sont toutes vendues.
Je n’ai plus qu’à prier pour une seconde reprise…
:’(.