« Pieds nus, traverser mon coeur »

Un pestacle (Inclassable !) raconté par Alexiane

Michèle Guigon n’a rien perdu de son tempérament vif-argent et son spectacle fourmille de vivacité, de sourires, de profondeur : « Le titre s’est imposé à moi « Pieds nus, traverser mon cœur ». Pour aller où ? Je n’en sais rien, c’est l’inconnu, le nouveau ; si je savais, ce serait un voyage organisé. Je ne vous imposerais pas ça, croyez-moi !». Elle y partage ses joies : « c’est sûr, je me sentais mieux dans mon corps il y a vingt ans. Mais je me sens mieux dans ma peau maintenant !». Confie ses inquiétudes, livre ses compréhensions : « Je me pose toujours des questions, j’adore ça. Je mène une enquête sur la vie, j’ai des soupçons, je trouve qu’autour d’elle il y beaucoup de morts. Je m’interroge. Et j’ai avancé sur une réponse, j’ai appris que, si la tête est le lieu pour poser les questions, l’endroit pour recevoir les réponses c’est le coeur ». Ce quatrième solo est un trajet de la peur à l’amour : « Je ne suis séparée de l’amour que par une seule chose, … moi. » Aimer est un tel travail. Aimer juste. Juste aimer… Un trajet de vie. Le trajet d’une vie. « Vivre est un tel travail, pourquoi nous en demande-t-on un autre ? »

Il y a des pièces que l’on va voir comme vous. On voit l’affiche, la distribution, la pièce, on a envie d’y aller, on y va. Et puis il y a des pièces où c’est différent. Des spectacles où l’on part le cœur qui bat, avec un peu d’appréhension. Des soirs où on a rendez-vous avec la vie. Sa vie. Comme le dit d’ailleurs si bien Michèle : « Demain il faut que je me lève, j’ai rendez-vous avec la vie ».

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« Pauvre France », avec Bernard Menez

Un pestacle (Boulevard) raconté par Alexiane

Un mois d’août à Paris. Des affiches partout dans le métro, Bernard Menez, ce pitch : « Victor Tabouré, teinturier à Limoges, monte à Paris pour annoncer à son fils que sa femme vient de le quitter. Il découvre avec stupeur que celui-ci vit avec un garçon. Dépassé par les événements, il tente alors par tous les moyens de sauver les apparences ».

Allez savoir pourquoi, cela m’a donné envie de foncer à l’Alhambra. Ne ricanez pas, je sais bien qu’il y avait quelques signes avant-coureurs ! Mais je voulais quelque chose de léger, découvrir Bernard Menez que je n’avais jamais vu sur scène, et que j’imaginais excellent dans ce registre (du boulevard un peu graveleux, donc). Qui plus est, habituellement je suis très bon public pour ce genre de pièce, d’acteurs. Vous lisez quand même quelqu’un QUI AIME aller au théâtre des Deux Anes, ou au Caveau de la République. (Si si). Que voulez-vous, je n’ai rien trouvé de mieux pour me sentir totalement dépaysée une soirée entière sans sortir de Paris. Mais autant le dire tout de suite : j’ai vite compris ma douleur. J’aurais néanmoins passé une bonne soirée grâce à la découverte de Fabrizio, qui tient le comique de l’ensemble de la pièce à bout de bras. Pas une mince affaire.

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